Chroniques du Brésil (4) : jusqu’au 9 juillet 2014

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« Je crois que l’Allemagne montre de l’équilibre dans tous les secteurs, de ce que j’ai vu. C’est une équipe organisée depuis 6 ans pour cette Coupe. Ils ont un bon équilibre, travaillent bien en équipe. Il faut respecter l’Allemagne. Nous devons les respecter. Pour tout ce qu’elle a fait. Mais nous devons imposer notre manière de jouer. Nous avons une idée de jeu, nous allons tenter de l’expliquer aux joueurs, mais je ne vais pas le dire ici. Nous devrons respecter l’Allemagne, mais nous devrons tout faire pour imposer notre jeu »

Luis Felipe Scolari

Sous le titre « Quelle est la responsabilité du patron des arbitres? », le journal allemand Bild écrit lundi qu’un document secret, émanant du patron des arbitres de la FIFA Massimo Busacca, demande aux arbitres de ne pas sortir de cartons jaunes. Le tabloïd allemand donne l’exemple de la rencontre entre le Brésil et la Colombie, avec 54 fautes sifflées pour seulement 4 cartons jaunes donnés. « Dire qu’il y a un plan pour ne pas trop sanctionner le jeu dur et risquer des blessures, ça, c’est inacceptable, a dit Walter de Gregorio, directeur de la communication de la FIFA, devant la presse à Rio. En quart de finale en 2006 en Allemagne, il y avait eu 21 cartons jaunes et 1 rouge. En 2010 en Afrique du Sud, 20 cartons jaunes et 2 rouges avaient été distribués au même stade de l’épreuve. Cette année, il y a eu 15 cartons jaunes et aucun rouge dans les quarts de finale.

7 juillet 2014

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Un bus de journalistes belges a failli être victime d’un hold-up dans la nuit de samedi à dimanche au Brésil, après le match des Diables contre l’Argentine, rapporte 7sur7.be. En raison du manque de places dans l’avion qui devait ramener la délégation belge de Brasilia à Mogi das Cruzes (le camp de base), une petite minorité de journalistes (parmi lesquels deux collègues de Het Laatste Nieuws) s’est vue contrainte d’effectuer le trajet en car. Un voyage périlleux de plus de 14h qui aurait pu tourner au drame puisque le véhicule a été la cible de jets de pierres. L’un des projectiles a atteint le pare-brise du bus. Le côté latéral du bus a également été endommagé. L’accompagnateur brésilien présent dans le bus a sommé le chauffeur de continuer sa route malgré le bris de vitres. De nombreux véhicules sont la cible d’attaques de gangsters locaux. En caillassant le bus, ils espéraient obliger le chauffeur à s’arrêter, ce qui aurait permis de dépouiller le véhicule et ses passagers.

7 juillet 2014

La crainte de l’Agence mondiale antidopage concerne en priorité les cellules génétiquement modifiées. Un sportif pourrait parfaitement subir la même opération que Di Maria avec une petite étape supplémentaire : la modification génétique des cellules musculaires avant leur introduction, comme l’explique le professeur Michel Audran.

Dimanche soir, le quotidien brésilien Globo affirmait que l’entourage de la star Neymar, blessée à une vertèbre en quart de finale et sortie sur une civière – drame national –, étudiait la possibilité de lui faire jouer la finale grâce à des infiltrations de corticoïdes. « C’est probablement pire que le traitement par cellules souches. Si vous balancez la dose de corticoïdes qu’il faut dans la zone touchée, vous supprimez tous les réflexes de sauvegarde des individus. Sans l’infiltration, le sportif ne peut pas jouer, mais on ne traite pas pour autant la blessure, à l’inverse de la thérapie cellulaire. » Juste avant le Mondial, Franck Ribéry avait refusé les infiltrations de corticoïdes proposées par le médecin de l’équipe de France pour soigner, là encore, une blessure au dos. Il a expliqué qu’il savait que « ce n’est pas bon ».

Le code mondial antidopage a quasiment libéralisé les injections de corticoïdes, ce qui met en colère les médecins français, à l’opinion différente des Anglo-Saxons sur le sujet. Dans le cyclisme, les corticoïdes sont interdits en compétition depuis 2011. Les médecins d’équipe, considérant qu’un blessé ayant besoin de corticoïdes n’était pas en état de faire du sport de haut niveau – et pouvait aussi en tirer une amélioration de ses performances –, se sont battus pour cette mesure. Rafael Nadal, quant à lui, a gagné Roland-Garros il y a un mois en jouant « la plupart du temps sous infiltration » pour masquer un mal de dos.

7 juillet 2014

La justice brésilienne a libéré mardi Ray Whelan, ancien agent de la légende anglaise du football Bobby Charlton et dirigeant de Match Hospitality, dépositaire officiel de la vente de forfaits pour la Coupe du monde. La firme détient l’exclusivité de la vente de forfaits et de services VIP pour la Coupe du monde au Brésil, mais aussi pour les prochaines en Russie et au Qatar. La société Match Hospitality compte parmi ses actionnaires la société Infront Sports and Media, basée en Suisse et dirigée par Philippe Blatter, neveu de Joseph Blatter, le numéro un de la FIFA. L’homme, qui avait été arrêté lundi, à l’hôtel Copacabana Palace de Rio de Janeiro, où est également hébergé l’état-major de la FIFA, est soupçonné d’être à la tête d’un réseau de revente illégale de billets. Le commissaire Fabio Barucke, qui est en charge de l’enquête, a indiqué qu’une nouvelle date serait fixée pour l’interrogatoire de Whelan. Ce dernier restera en liberté jusqu’à cette date. L’homme de 64 ans sera poursuivi pour « avoir facilité la distribution de billets pour la revente illégale » et pour « association de malfaiteurs ». Ray Whelan a été appréhendé lundi. La police affirme détenir des preuves solides démontrant que le Britannique a négocié des billets avec le Franco-Algérien Mohamadou Lamine Fofana pendant la Coupe du monde.

8 juillet 2014

Les passionnés de Mixed Martial Arts (MMA) ont attendu jusqu’à une heure du matin pour voir s’affronter, à Las Vegas, le Brésilien Lyoto Machida et le champion en titre, l’Américain, Chris Weidman, invaincu après onze combats et qui samedi soir 5 juillet, remettait en jeu son titre dans la catégorie poids moyen. Ce samedi, le combat était retransmis sur Globo, la première chaîne du pays. Le phénomène est d’ailleurs mondial et le nombre d’adeptes et de praticiens du MMA est partout en forte augmentation malgré des législations parfois restrictives. En France, par exemple, les combats sont interdits car jugés trop violents. Ce qui n’empêche pas les clubs de se multiplier un peu partout.

Même si le MMA dans ses règles actuelles a été inventé aux Etats-Unis au début des années 1990, il est directement inspiré du Vale tudo brésilien, sport de combat où, comme son nom l’indique, presque tous les coups sont permis. Au début du vingtième siècle, dans les cirques ou les foires, s’affrontaient en public deux individus, pratiquant souvent des disciplines différentes. Une famille d’immigrés écossais – ou plutôt une dynastie – a grandement oeuvré au développement du combat libre et continue d’y jouer un rôle central : les Gracie. En 1917, à Belem dans un de ces cirques, le jeune Carlos Gracie découvre le judo, un art martial inventé 35 ans plus tôt au Japon par Jigoro Kano, dérivé du jiu jitsu traditionnel, techniques de samouraï consistant à maîtriser un adversaire à mains nues.

Ce jour-là, celui qui est chargé de faire la démonstration n’est autre que le disciple du fondateur, Mitsuyo Maeda, en tournée sud-américaine pour populariser ce sport encore récent. Fasciné, Carlos Gracie en apprend les techniques et les transmets à ses nombreux frères. L’un d’entre eux, Hélio enseigne à son tour le judo, qu’il adapte à son petit gabarit et aux exigences des combats de vale tudo. Il développe notamment un ensemble de techniques permettant de maîtriser un adversaire plus imposant par des clés ou des étranglements : le jiu jitsu brésilien est né. Hélio Gracie ne se contente pas de professer, il met en pratique son jiu jitsu et fait la démonstration de l’efficacité de son art, en combattant en public contre des boxeurs ou des lutteurs, certains deux fois plus lourds que lui. Ces matches ont un immense succès et se déroulent parfois au Maracana, le grand stade de Rio, en présence du président de la République. Sans limite de temps, ils peuvent durer plusieurs heures, comme l’affrontement mythique qui opposa Hélio Gracie à son élève Valdemar Santana, qui s’acheva par une défaite du maître après …3h42 de combat.

Rorion, un des fils d’Hélio, s’installe aux Etats-Unis où il importe le jiu jitsu brésilien et rencontre un large succès. En 1993, il contribue à fonder l’Ultimate Fighting Championship (UFC), qui deviendra la principale organisation mondiale de MMA, avec des règles de temps et de poids par catégorie instaurés. Les combattants brésiliens ont toujours été parmi les meilleurs et notamment des dizaines de descendants des frères Gracie. Royce, fils du second, remportera d’ailleurs les quatre premières éditions de l’UFC.

8 juillet 2014

Une vingtaine d’hommes armés ont cambriolé une usine de Samsung à Campinas, dans l’Etat de Sao Paulo, et emporté 40.000 appareils électroniques évalués à 80 millions de reais, soit 27 millions d’euros, a indiqué lundi 7 juillet la police brésilienne. Les cambrioleurs sont arrivés à l’aube dans l’usine après avoir pris en otage les agents de sécurité du secteur de distribution puis les vigiles de la porte d’entrée, enfin 200 employés du secteur de la distribution. Selon des témoins entendus par le site d’informations G1 de Globo, le groupe qui portait des identifications d’employés de l’usine, n’a pas été agressif mais a demandé à tous de retirer la batterie de leur portable pour ne pas téléphoner. Les cambrioleurs sont restés trois heures sur place et disposaient d’informations privilégiées car ils sont allés directement là où se trouvaient les marchandises les plus chères. Ils ont ensuite chargé le matériel (téléphones, ordinateurs portables et tablettes entre autres) dans sept camions qu’ils avaient amenés et sont partis tranquillement.

8 juillet 2014

Une infirmière a été licenciée pour avoir filmé l’arrivée de Neymar à l’hôpital Fortalezza, révèle i Télé lundi 07 juillet 2014. La direction de l’établissement a évoqué un manquement au regard de la vie privée d’un patient. Sur la vidéo, on y voit l’arrivée d’un patient sous assistance respiratoire. Quand le brancard bifurque, l’auteure de la vidéo retourne son smartphone et se filme en faisant un V de victoire avec ses doigts.

8 juillet 2014

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Quel est le protocole employé dans cette Coupe du monde? Au départ, les 736 joueurs inscrits ont donné un échantillon de sang en vue de la création d’un passeport biologique individuel, pour qu’on puisse observer les moindres fluctuations suspectes dans leur sang. Après chaque rencontre, deux joueurs sont choisis au hasard pour donner des échantillons. Les jours où il n’y a pas de match, aucun contrôle n’est effectué et il n’y a eu aucun contrôle inopiné. Cette soudaine virginité du monde du football a de quoi inquiéter. Au Brésil, les échantillons ne peuvent pas être analysés, car la validation du laboratoire de Rio a été retirée en 2012… Du coup, les échantillons doivent voyager en avion pour être analysés. Or un échantillon doit être testé dans les 14 heures, conservé à température moyenne de 20 degrés Celsius et surtout, protégé du soleil.

En moyenne, un échantillon met 19 heures à se rendre en Suisse. Quand on parle à certains spécialistes, comme le Dr Michel Rieu, une sommité dans le monde du dopage, certaines formes de dopage vont passer entre les mailles du filet, comme les microdoses d’EPO dont la fenêtre de détection n’est que de 12 heures! Ce qui est assez incroyable, c’est que le Brésil accueille non seulement la Coupe du monde, mais dans deux ans, les Jeux olympiques. Et tout cela, sans laboratoire agréé. Plus curieux encore, depuis l’existence de « contrôles de dopage » dans les Coupes du monde, seulement 0,2 % ont été positifs.

Lors de la Coupe du monde de 2006, on était tellement convaincu de l’honnêteté des joueurs qu’on avait carrément décidé de ne pas les tester. Et ne parlons même pas de la Coupe du monde de 1998, en France, sur laquelle planent encore de gros doutes. Ne cherchez pas les échantillons, ils ont tous été supprimés. Aussi, on peut raisonnablement se demander comment des joueurs gravement blessés reviennent aussi rapidement au jeu. On dit que l’Argentin Angel Di Maria serait fin prêt pour la finale si son équipe se qualifiait, alors qu’il a subi d’importantes déchirures musculaires!

Le professeur Gérard Dine, bioéthicien et éminent spécialiste du dopage, n’est pas surpris, car on parle de thérapie cellulaire! « Il s’agit de recréer des cellules musculaires pour traiter une lésion, explique-t-il. Dans le cas de Di Maria, on ignore quelles cellules souches sont utilisées. S’il s’agit des siennes, le délai est juste parce qu’il faudrait plutôt 10 jours, mais pas complètement irréaliste. C’est une technique largement développée en Europe et on est vraiment à la limite du dopage, car rien n’est réellement défini. »

8 juillet 2014

Luis

Après la magnifique prestation de la seleçao, plusieurs autobus ont été incendiés et un magasin d’appareils électroménagers pillé à Sao Paulo. Selon le quotidien «Folha de Sao Paulo», 20 bus ont été incendiés dans la zone sud de Sao Paulo, dans un garage où étaient entreposés des véhicules hors service. Trois autres ont été brûlés dans différents quartiers de la mégapole.

9 juillet 2014

Pas moins de 35,6 millions de tweets ont été générés lors de la rencontre Brésil-Allemagne (7-1). Record tous sports confondus battu. Le record précédent était possédé par le 48e Super Bowl (football américain) qui avait provoqué près de 25 millions de commentaires sur Twitter, le 2 février dernier. Durant ce Mondial, le match le plus discuté sur le réseau jusque là avait été Brésil-Chili, avec 16,3 millions de tweets, plus de deux fois moins que cette demi-finale. Le cinquième but allemand, marqué par Sami Khedira, le quatrième en moins de six minutes pour la Mannschaft, a été l’événement du match ayant suscité le plus de commentaires, avec 580.166 tweets en une minute. Quelques minutes plus tôt, le but inscrit par son coéquipier Toni Kroos, auteur de deux buts en deux minutes, dépassait déjà la barre des 500.000 commentaires (508.601). Jusqu’à présent, le record de commentaires en une minute était détenu dans cette compétition par le tir au but manqué par le Chili lors de son huitième de finale face au Brésil, avec 388.985 tweets.

9 juillet 2014

La demi-finale entre le Brésil et l’Allemagne était diffusé sur beIN Sports et TF1. Cette dernière a réalisé un très beau score dans la mesure où 10,6 millions de téléspectateurs se sont rassemblés devant la chaîne pour assister à la débâcle de la Seleçao. Cette rencontre reste ainsi la plus forte audience de l’année pour un match de football ne concernant pas l’équipe de France. En Allemagne aussi, cette rencontre a battu un record, et non des moindres. Celui du record d’audience à la télévision allemande, sur ZDF. 32,57 millions de téléspectateurs.

9 juillet 2014

 

La France va remercier les Bleus ! Mais Pourquoi ?

La France va remercier les Bleus !
Mais Pourquoi ?

– Fin de la honte d’être représenté par une équipe infâme ?
– Renaissance du mythe de gauche Black-Blanc-Beur ?
– Espoir de gagner l’Euro de France 2016 ?
– Fin de la carrière internationale de Patrice Evra ?
– Honnêteté de DD La Chance qui a fait le maximum avec ce qu’il avait sous la main ?
– Enfin on sait que Karim NoBrain est un bon joueur mais pas un grand joueur ?

Non, la France va remercier les Bleus, parce qu’en étant éliminé avant les demies-finales, ils ont permis au pays d’échapper à cela :

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hollande

 

BONUS MONDIALI’SSS’IMO !

Même dans le domaine, François le Mou n’est pas précurseur. Quelques rappels des faits :

Le plus dégouté

sarkozy

Le plus enthousiaste
(notons le personnage à droite de l’image qui ne semble pas très à l’aise)

chirac

Le plus pro bien sûr :

A vérifier ici

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Mort et Cuisson du Cousin Shaheen !

Mort et Cuisson
du Cousin Shaheen !

A l’appel du site Umpéiste de la Communauté Française de Dubai, folle d’amertume non pas de la défaite française mais d’avoir été induite en erreur par les pronostics erronés du Cousin Shaheen (voir Mondiali’sss’imo ! d’hier) qui annonçait une victoire des Bleus, les compatriotes de Dubai ont lancé une expédition punitive contre le pauvre dromadaire. Voilà le résultat :

Shaheen Mechoui
A noter que les courageux expatriés hexagonaux ont été rejoints par la puissante communauté anglaise des Emirats qui ne supportent généralement personne, et encore moins les Allemands qu’ils n’hésitent jamais à affectueusement appeler les « Krauts ».

 

BONUS MONDIALI’SSS’IMO !
Méchoui à l’Emirienne

In Memoriam (10), France et la fin du « Real » Foot

In Memoriam (10),
France
et la fin du « Real » Foot

sport

Sans réalisme et sans n°10, l’Equipe de France en sait pas gagner.
Même sympathique, les Bleus de DD La Chance n’avait ni l’un, ni l’autre.

Donc Direction Paris !

Chroniques du Brésil (3) : jusqu’au 4 juillet 2014

Chroniques du Brésil (3)
jusqu’au 4 juillet 2014

kate moss

14 juin 2014

Diego Maradona, présent lors du match d’ouverture entre le Brésil et la Croatie a vécu une drôle de soirée. L’idole argentine, champion du monde en 1986, sous l’emprise d’une substance psycho-active s’est égarée dans les travées de l’Arena Corinthians en cherchant l’accès des tribunes VIP qu’il avait pris, dans un premier temps, pour les chiottes. Placé à côté de supporters brésiliens, ceux-ci lui auraient demandé, «Qu’as tu fait de ton talent ?».

18 juin 2014

Dans les arrêts de jeu du match, un supporter brésilien présent dans les gradins du stade de Fortaleza est apparu quelques secondes à la télévision. La ressemblance avec Flamby 1er a immédiatement déclenché des vagues de réactions sur les réseaux sociaux. Julie Gayet aurait déclaré, « je l’ai reconnu à l’instant, cet homme est formidable »

28 juin 2014

Actuellement, 70 % du pétrole brésilien vient du nord de l’État de Rio. Macaé, une ville côtière de cette zone, connaît une destruction dite créatrice intense du fait de l’exploitation pétrolière. Les revenus provenant des redevances et des taxes des entreprises installées dans la municipalité ont propulsé une économie rentière et le clientélisme dans la région. Selon Radio Canada qui n’a pas perdu le goût du paternalisme, « on a construit un hôpital, des écoles et des universités pour former des jeunes qui seront capables de gagner leur vie dans l’industrie pétrolière » et même un nouveau marché aux poissons pour vendre des poissons contaminés.

La population de Macaé a doublé en 10 ans. Jadis une jolie petite ville, fréquentée pour ses plages, elle a attiré dans les toiles de son rêve mazouté les petites mains brésiliennes en quête de revenus ou d’eldorado. Cela a entraîné, en périphérie, la création de favélas aux activités informelles qui rendent les services aux personnes, compétitifs auprès des supplétifs de Petrobras.

Magnifique perspective barrant l’horizon devenu brumeux, des dizaines de navires de ravitaillement alimentent les plateformes d’exploration et d’exploitation ancrées à quelque 130 km au large de l’ancienne ville de pêcheurs en voie d’expulsion. Selon Radio Canada, sans doute aux mains des grandes compagnies canadiennes d’exploitation du sous-sol, « une fuite au large, en 2010, a rapidement été colmatée. Même si les écologistes sont préoccupés par les forages en mer, la plupart des gens de la région estiment que le risque en vaut la chandelle », sauf que la chandelle sera tenue par peu de brésiliens.

D’ailleurs, les travailleurs pétroliers, qu’ils soient brésiliens ou étrangers, ne vivent pas vraiment à Macaé. Ils font plutôt des va-et-vient entre leur travail sur les plateformes et leur lieu de résidence sécurisé. Si bien qu’on les voit peu à Macaé; ils n’y dépensent pas leur argent. Lucas Derissos, originaire de Sao Paulo, est opérateur sur une plateforme de production de pétrole. Il explique qu’il travaille 15 jours sur une plateforme pour ensuite retourner chez lui pendant 21 jours, comme de nombreux travailleurs venant d’un peu partout. Selon lui, l’exploitation pétrolière rapporte beaucoup à ces régions côtières tout en les détruisant, mais la grosse part du gâteau ira dans les coffres des multinationales.

2 juillet 2014

mannschaft

Au mondial brésilien, l’équipe d’Allemagne pourtant loin de ses terres peut compter sur le soutien d’un douzième homme : le Big Data. L’éditeur de logiciels SAP a en effet développé une application interactive pour permettre à la Nationalmannschaft de préparer ses rencontres en profitant des dernières technologies de collecte et d’analyse statistique de données alors que jusqu’ici, l’équipe utilisait les cerveaux et les mémoires de son staff.

En sélectionnant un joueur, en le pointant simplement du doigt, on accède à ses statistiques individuelles comme la distance parcourue ou sa vitesse au moment choisi du match. Il est également possible de sélectionner plusieurs joueurs pour voir par exemple comment se déplace la ligne de défense et procéder ainsi à des réajustements tactiques en prise à la pensée magique.

« Nous avions déjà certaines données mais nous ne savions pas comment les exploiter, explique l’ancienne star et désormais manager général de l’équipe d’Allemagne mais néanmoins illettré, Oliver Bierhoff, maintenant, grâce à ce logiciel nous avons cette possibilité et les joueurs s’habituent ainsi à travailler à partir de ces statistiques et vidéos. »

30 juin 2014

La Fédération camerounaise de football (Fécafoot) a annoncé lundi 30 juin l’ouverture d’une enquête sur « des allégations de fraude » de matchs de son équipe lors de la Coupe du monde au Brésil. La Fécafoot « a demandé à son comité d’éthique d’enquêter » des « allégations de fraude lors des trois matchs du premier tour du Mondial, notamment Cameroun-Croatie, et l’existence de « sept pommes pourries » » dans l’équipe des « Lions Monnayables ». L’expression « pommes pourries » provient du magazine allemand Der Spiegel, qui a évoqué un arrangement sur le résultat de Croatie-Cameroun (4-0) pour des paris truqués, ainsi que les mises sur une exclusion d’un joueur en première période. Le Camerounais Alexandre Song a été exclu pour un coup de coude à Mario Mandzukic.

2 juillet 2014

et la tendresse bordel

La petite copine de Neymar regardait tranquillement mais intensivement le match Brésil-Chili samedi 28 juin à Belo Horizonte au Brésil. La jeune femme était debout et devant elle, un homme a lâché des vents à répétition. Cela n’a pas eu l’air de lui plaire. Neymar n’exclut pas de porter plainte.

2 juillet 2014

« Lors des matches de la Coupe du monde, les Allemands préfèrent se coller devant leur TV plutôt que de consulter YouPorn », analyse MindGeek au regard des chiffres qu’il publie dans son enquête. Et de poursuivre: « même chez les adversaires de l’Allemagne on a constaté une diminution notable de la fréquentation des aficionados du porno: Au Portugal, le trafic a ainsi baissé de 40% et de quelque 45% au Ghana durant le Mondial! ».

Se basant sur les chiffres de MindGeek, l’article du Spiegel révèle que le trafic habituel d’un jour normal sur YouPorn se monte à 20 millions de personnes dans le monde. Les internautes restent en moyenne huit minutes et 56 secondes sur la page. Et en Allemagne, ce sont quelque 575 millions de visites annuelles qui ont été dénombrées en 2012, les teutons étant les vice-champions du monde de la branlette, juste derrière les Américains. Mais selon l’article, ils ne passent en revanche que huit minutes et 39 secondes sur la page en moyenne. Ce qui tendrait à prouver que l’allemand amateur de football est un éjaculateur précoce.

Quant au résultat de la Mannschaft, il aurait une incidence directe sur le trafic des visites de sites pornos. Il a par exemple fallu attendre plusieurs heures après l’écrasante victoire de l’Allemagne sur le Portugal (4 à 0) le samedi 14 juin, pour retrouver les valeurs habituelles de fréquentations du portail germanique de YouPorn. A l’inverse, les Portugais ont connu une embellie de 10% des visites des sites immédiatement après leur détaite. Le match nul face au Ghana (2-2) a semble-t-il laissé les Allemands plutôt froids vis à vis du foot, puisque dès le coup de sifflet final, les visites sur les sites pornos ont connu un immédiat regain d’activité.

Ces chiffres semblent se vérifier également pour les autres nations. Les internautes des pays vainqueurs tardent davantage à retourner sur les sites pornos que ceux des nations vaincues si bien qu’onanisme et tifosisme semblent occuper le même site psychique. A l’issue du match d’ouverture du Mondial, YouPorn a enregistré une perte de quelque 60% de ses adeptes brésiliens et 70% des Croates ainsi que la moitié de ses adeptes allemands. Mais une heure à peine après la défaite, le site retrouvait son niveau habituel parmi ses « fans » croates. Les Brésiliens ont mis quatre heures à retrouver leurs vieilles habitudes.

Aussitôt leur défaite 1 à 5 constatée face à la Hollande, les Espagnols se sont rués sur les sites pornos. Les Hollandais y sont pour leur part retournés mais une heure plus tard. Seuls les internautes italiens semblent se démarquer avec cette tendance. Après leur victoire étriquée 2 à 1 contre l’Angleterre, YouPorn a vu la fréquentation de son site augmenter de 80% par rapport à la moyenne des visites quotidiennes transalpines.

2 juillet 2014

Avec les performances des Bleus, ce Mundial brésilien a des allures de fête en France. Ce lundi, plus de 16 millions de personnes étaient devant leur téléviseur pour encourager l’équipe de France face au Nigéria (victoire 2 à 0), malgré un horaire de diffusion relativement tôt (18h). Cet engouement, on ne le retrouve pas totalement au Brésil où seulement 48 % de la population soutient l’idée d’accueillir cet événement planétaire.

En cause notamment, un budget Mondial gangrené par la corruption et qui n’a cessé de croître pour finalement atteindre la somme de 12 milliards d’euros. Fallait-il doter le Brésil de douze stades, au lieu des huit requis par la Fifa ?

Des 120.000 entreprises exportatrices de France, elles ne sont que 4.000 à développer des courants d’affaires réguliers au Brésil. La France n’est que le douzième fournisseur du plus grand pays d’Amérique du Sud. Pourtant la cinquième économie mondiale aurait tout intérêt à développer sa relation bilatérale avec le pays du football roi : une classe d’oies consuméristes de 120 millions de personnes à gaver, seulement 20 % de routes asphaltées, une Amazonie à détruire, des littoraux à défigurer.

Voilà donc pourquoi il faut espérer une affiche France-Brésil en demi-finale : pour porter un coup de projecteur sur un marché prometteur pour l’économie hexagonale et l’oeuvre sainte de destruction créatrice (de plus-value). Mais le chauvinisme nous force à préciser que dans le match de l’économie, c’est la France qui bat le Brésil, avec un excédent commercial à 1,3 milliard d’euros.

2 juillet 2014

brazil

Brandão est bien à la Coupe du monde avec le Brésil. Non, pas l’attaquant de Saint-Etienne, mais Regina Brandão, une psychologue chargée de suivre la Seleção durant le Mondial. Sa venue mardi à Granja Comary, le centre d’entraînement du Brésil, a beaucoup intrigué, quelques jours après la forte démonstration d’émotion aperçue lors de la séance de tirs aux buts contre le Chili. Thiago Silva et Julio César avaient laissé couler des larmes avant même que le duel final ne commence, laissant place à toutes les interrogations concernant leur état émotionnel. «Je suis émotif. J’ai pleuré car beaucoup de joueurs sont venus me dire des choses, me soutenir, et je n’ai pas réussi à me contenir», a justifié le gardien après la rencontre. «Je suis un homme qui pleure», avait admis pour sa part le capitaine de la Seleção, avant même le match, lors d’une conférence de presse.

Regina Brandão a précisé que son suivi psychologique avait été prévu depuis longtemps, avant même le match Brésil-Chili. Mais, si elle s’était entretenue quotidiennement avec les joueurs à distance (par téléphone, courriel et Whatsapp), elle n’avait pas encore pu les rencontrer pour une question d’emploi du temps.

2 juillet 2014

La police civile et la justice brésiliennes enquêtent sur d’éventuelles complicités au sein des fédérations brésilienne, argentine et espagnole au lendemain du démantèlement d’un réseau international de vente frauduleuse de billets pour la Coupe du monde. Les enquêteurs ont au début considéré que le ressortissant franco-algérien Lamine Fofana, 57 ans, résidant à Dubaï et disposant d’un bureau en Suisse, était à l’origine du trafic. « Mais après son arrestation, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait quelqu’un au-dessus de lui, à la FIFA, avec un intermédiaire à Match Hospitality », prestataire de la FIFA, a déclaré jeudi le commissaire de police Fabio Barucke, lors d’une conférence de presse à Rio. Le frère et agent du célèbre footballeur brésilien Ronaldinho Gaucho, Roberto de Assis Moreira, sera appelé à s’expliquer dans le cadre de cette enquête, a également indiqué le parquet de Sao Paulo.

Le quotidien brésilien O’Dia a publié mercredi sur son site la transcription d’une écoute téléphonique autorisée par la justice, dans laquelle le frère de Ronaldinho demande à M. Fofana s’il a bien reçu un appel d’amis à lui qui cherchaient des places. Lors de cette même conversation, datant du 17 juin, M. Fofana propose également de jouer l’intermédiaire auprès des dirigeants du Qatar et de Dubaï pour favoriser l’éventuel transfert de Ronaldinho vers un club d’un de ces Emirats.

La police civile a annoncé mardi avoir arrêté 11 personnes accusées d’avoir revendu illégalement des billets fournis à titre gracieux à des parraineurs, des fédérations, des ONG ou des joueurs. L’opération policière a également donné lieu à vingt mandats de perquisition dans différents quartiers de Rio. Outre cent billets d’entrée, la police a confisqué des documents, des ordinateurs, 10’000 réaux, des dollars, des ordinateurs et des portables.

Le trafic porte sur la vente de dizaines de milliers de billets en tribune VIP – 1000 par match pour un prix de base de 1000 euros- et était actif depuis les quatre derniers Mondiaux, ont précisé les enquêteurs, générant aux alentours de 200 millions de réais par compétition, soit environ 70 millions d’euros

Le procureur Marcos Kac a expliqué que de nombreuses places étaient destinées aux fédérations du Brésil, d’Argentine et d’Espagne. « Nous enquêtons sur cela », a-t-il encore déclaré. La vente s’opérait par l’entremise de trois entreprises de tourisme de Copacabana (zone sud de Rio), qui ont été fermées par la police. Malgré d’interdiction de la vente parallèle, plusieurs journalistes auxiliaires de police de l’AFP ont assisté à des opérations de revente autour des stades au Brésil.

2 juillet 2014

elastoelasto

Depuis l’ouverture de la Coupe du monde au Brésil, les joueurs de l’équipe de France Bacary Sagna, Antoine Griezmann et Olivier Giroud ont fait le choix de dribbler avec les evoPower de Puma. Ils font ainsi honneur à un autre champion hexagonal : Arkema. Le Pebax mis au point par le chimiste a en effet été utilisé dans deux composants clés de la chaussure. L’équipementier Puma a également développé une technologie, appelée Accufoam, utilisant une mousse à base de Pebax, un élastomère thermoplastique plus facilement recyclable industriellement. Les innovations du chimiste ont aussi séduit Nike, qui a utilisé Pebax pour concevoir ses chaussures Magista. Une paire choisie par Thiago Silva, le capitaine de l’équipe du Brésil et du PSG. Jusqu’à présent, Arkema a donc plutôt porté chance à tous ces sportifs, dont les équipes sont toujours en lice dans la compétition.

2 juillet 2014

« Foda-se a Copa », soit « nique la Coupe », le message est cru mais il a le mérite de la clarté. Cette inscription évocatrice figure sur 300 t-shirts des musiciens brésiliens de Confronto, écoulés à l’occasion du Mondial 2014. Et les fans de ce groupe de metal, dont le Brésil est l’une des plus importantes scènes régionales, en redemandent. Tant et si bien que de nouveaux sont en cours de fabrication. « Ce t-shirt sert à montrer notre colère. Ce Mondial n’est pas fait pour les pauvres. Il n’est pas pour nous mais pour les riches et les touristes », assène Felipe Chehuan, chanteur ou plutôt vocaliste, selon le terme consacré, de Confronto.

3 juillet 2014

La Colombie a pris des mesures à la hauteur l’évènement afin d’assurer un après-match le plus paisible possible vendredi, date de son quart de finale du Mondial contre le Brésil. La vente d’alcool sera interdite à Bogota et dans plusieurs autres villes et le dispositif policier sera renforcé.

Le président Juan Manuel Santos, qui se rendra au Brésil pour assister à la rencontre à Fortaleza, a également décrété un demi-jour férié pour «tous les fonctionnaires du gouvernement». «Ce sera un après-midi civique afin que tout le monde puisse voir la partie», a-t-il annoncé, appelant ses compatriotes à «célébrer dans le plus grand calme et la plus grande tranquillité».

Les autorités, qui prévoient un dispositif spécial de 1.600 policiers à Bogota, ont reconduit d’autres interdictions comme celle de vendre dans la rue de la farine ou de la mousse à raser, utilisées pour des manifestations de joie qui se terminent parfois par des altercations avec les passants. Après la victoire contre l’Uruguay samedi dernier, qui a propulsé la Colombie en quarts pour la première fois de son histoire, les autorités ont enregistré plus de 3.200 rixes et 34 blessés dans le pays (500 rixes et 5 blessés à Bogota).

A Cali (ouest), troisième ville du pays, la municipalité, qui avait déjà décrété férié l’après-midi de vendredi, a invité les entreprises privées à l’imiter, et a placé les hôpitaux en état d’alerte pour les services d’urgence. Autre particularité, la circulation à moto sera interdite. Dans un message posté sur son compte Twitter, le vice-président colombien Angelino Garzon a de son côté suggéré à tous les maires de décréter aussi un jour férié afin «de profiter du match».

3 juillet 2014

En 2010, c’est Paul le Poulpe qui a été désigné champion du monde du pronostic. En 2014, le céphalopode décédé, il a fallu lui trouver un successeur. Déniché par The Verge (et pourquoi pas Rolling Dick ou Priapy III ?), c’est Cortana, l’assistante vocale de Microsoft qui a, pour l’instant, vu juste sur tous les vainqueurs de match de la Coupe du monde. Cortana se base sur les prédictions de l’oracle Bing, le moteur de recherche de la Firme, qui analyse les performances de chaque équipe nationale, selon leur nombre de victoires, de défaites, de matchs nuls en phases de qualification et le nombre de buts inscrits.

Le moteur de recherche va plus loin encore, il tient compte d’une marge « d’erreur » pour chaque match en fonction de la localisation du stade, de la météo, de la forme des joueurs et de l’état de la pelouse. Des critères précis qui peuvent faire pencher la balance en cas de confrontation entre deux équipes de même niveau. Goldman Sachs, EA Sports ou encore l’organisme du Centre international d’études du sport (CIES), tous les trois s’étaient prêtés au jeu des pronostics, et le résultat n’est pas brillant. Le CIES avait par exemple prédit la victoire de l’Espagne, éliminée dès les phases de groupe !

Du Brésil, aux Pays-Bas en passant par les qualifications du Costa Rica et de la France (ce qui fait 4 équipes sur 32, quelle performance !), Cortana a, elle, fait un sans faute. Problème : quand on l’interroge sur le vainqueur du quart de finale qui opposera la France à l’Allemagne, l’assistante vocale hésite mais voit bien la Nationalmannschaft battre les Bleus.

3 juillet 2014

shakira double face

Quatre ans après l’énorme succès de la chanson « Waka Waka » qui a marqué la coupe du monde disputée en Afrique du Sud, un nouveau single, en relation avec le football, de la Star colombienne Shakira animera la cérémonie de clôture du mondial le 13 juillet 2014 au stade Maracana à Rio de Janeiro qui abritera la finale de la compétition.

Shakira, qui espère que la Colombie soit d’un des deux protagonistes de la finale, s’est dite ravie d’interpréter son titre « La La La », un duo avec Carlinhos Brown en indiquant qu’elle est étroitement liée au football (pour des raisons que tout le monde sait).

3 juillet 2014

Au moins deux personnes ont été tuées et 19 autres blessées jeudi 3 juillet lors de l’effondrement d’une bretelle surélevée d’une autoroute en construction à Belo Horizonte (sud-est du Brésil), l’une des villes hôtes de la Coupe du monde de football. « La passerelle était en phase finale de construction et les ouvriers étaient en train de retirer les échafaudages quand l’accident s’est produit », a expliqué un porte-parole des pompiers de Belo Horizonte. La passerelle, dont la construction avait commencé il y a un peu plus d’un an, faisait partie d’un plan général de travaux en vue du Mondial, a précisé une porte-parole du secrétariat des travaux publics de la mairie de Belo Horizonte. Belo Horizonte accueillera une des demi-finales du Mondial, mardi prochain. L’effondrement est survenu à environ trois kilomètres du stade Mineirao, où aura lieu le match.

In Memoriam (9), Allemagne – Klose et la triste fin du Multi-Kulti

In Memoriam (9),
Allemagne
Klose et la triste fin du Multi-Kulti

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Il était avec ses compagnons d’infortune Lukas Podolski et Mehmet Scholl (pas un titre mondial gagné depuis 1990), l’un des premiers symboles de cette Allemagne qui se veut Multi Kulti(ral).
Il est avec Ronaldo le Gros (donc le vrai, pas la danseuse) le meilleur buteur en phases finales de Coupe du Monde avec 15 réalisations quand même !

Et aujourd’hui, il est utilisé non pas comme remplaçant, comme joker super efficace mais comme garçon de course pendant les entraînements.

Notons également que Mirsolav met des Nike à l’entraînement. Personne dans l’équipe n’ayant eu la bonté de coeur de le prévenir que pour ce genre de job sous les chaleurs brésiliennes, une paire de Birkenstock (made in Germany since 1974!, bien sûr) étaient amplement suffisantes.

Ach, le réalisme allemand n’est plus ce qu’il était.

Adi doit se retourner dans sa tombe !

Les Pronostics du Cousin Shaheen de Dubai (FRA-DEU)

Les Pronostics
du Cousin Shaheen
de Dubai (FRA-DEU)

Après le Poulpe, Oncle Chow et les spécialistes de la Dream Team RMC (qui voyait les Pays-Bas éliminés au premier tour), voici la dernière sensation du jour : Shaheen du désert de Dubai.
A son actif, pas moins de 7 résultats trouvés sur 8 pour les huitièmes de finale !

A savoir quand même que le site qui popularise Shaheen (dont les pronostics sont déjà repris par les bookmakers de la City à Londres !), est celui de Gulf News.

Outre d’être quelque fois repris par Courrier International, Gulf News est le premier quotidien du Golfe (langue anglaise 80,000 exemplaires de Koweit City à Oman) et appartient à M. Al Tayer,  Ministre de l’Economie des Emirats Arabes Unis.

 

 

 

 

Pourquoi le dribble ?

Pourquoi le dribble ?

Que fait-on au juste lorsque l’on dribble ?

Il est unanimement reconnu que la manière la plus rapide, et donc potentiellement la plus déstabilisante pour l’adversaire, de se rapprocher physiquement d’une position optimale pour tirer et marquer un but est le jeu de passe (à plusieurs).
Le dribble tend ainsi à entrer en contradiction avec l’aspect collectif du football. Si la technique individuelle, le dribble notamment, suscite bien des questions non tranchées dans l’énorme littérature sur le football qui inonde nos journaux chaque semaine, les joueurs à même d’en maîtriser l’usage, c’est-à-dire les plus « habiles avec leurs pieds », les plus virtuoses en quelque sorte, sont aussi ceux qui sont mis en avant comme autant de garants du succès d’une équipe. Une bonne équipe se doit d’avoir des joueurs « techniques » et notamment qui sachent dribbler.

Les joueurs ont à leur disposition un répertoire d’astuces techniques déjà large mais néanmoins ouvert à de nouvelles expérimentations pour éliminer un ou plusieurs adversaires sans avoir recours à l’aide directe d’un partenaire, entre autres : double contact, flip flap ou virgule, coup de foulard, sombrero, passement de jambes, contrôle orienté, feinte de corps, jonglage, râteau, roulette, louche, aile de pigeon, petit pont, grand pont, carretilha.

Prenons un premier exemple. Il s’agit de l’une des plus fameuses séries de dribbles de l’histoire du football, largement célébrée encore aujourd’hui sur internet : le but de Diego Maradona lors du fameux match Argentine-Angleterre pendant la Coupe du monde de 1986. Maradona, alors au sommet de sa forme footballistique, reçoit la balle dans la moitié de terrain de l’équipe d’Argentine, alors qu’il se trouve dos au but. Grâce à un contrôle orienté, un « râteau », à un demi-tour sur lui-même et à une accélération, Maradona vient d’éliminer deux joueurs venus le presser et s’échappe prestement sur la droite, balle au pied, le long de la ligne. À l’approche de la surface de réparation adverse (il est à une trentaine de mètres environ du but anglais), il crochète d’abord à toute vitesse un défenseur, en plongeant vers l’intérieur du terrain, puis un autre dix mètres plus loin, par l’extérieur. Sans ralentir sa course, il entre dans la surface de réparation, décalé sur la droite par rapport au but et dribble cette fois-ci le gardien venu à sa rencontre par un crochet vers la droite. Il réussit à l’éviter et, tout en résistant au retour d’un défenseur derrière lui et sur sa droite, il parvient à frapper dans les cages vides tout en anticipant les réactions de ceux qui pourraient entraver sa trajectoire : le ballon passe entre le poteau droit et un défenseur qui se précipite vers la cage pour empêcher la balle de passer la ligne de but.

On est confronté ici à un exploit technique sans équivalent, largement salué par les amateurs de football qui n’ont cessé de louer son caractère exceptionnel. Pourquoi une telle « figure » a-t-elle aussi bien survécu et est-elle volontiers érigée en prouesse ? L’action est limpide et sa pureté fait qu’elle est souvent citée comme le symbole de la virtuosité individuelle dans le football. Cet « exploit » de Maradona ne laisse aucune place au doute quant au fait que son talent individuel est à l’origine du but. S’il y a but, c’est essentiellement grâce à lui. Il perfore et déstabilise à lui seul l’équipe adverse. Une fois son élan pris, les défenseurs semblent de plus en plus impuissants et Maradona les efface avec de plus en plus de facilité, l’action est inexorable et le joueur en ressort glorifié. Quelque chose se simplifie par l’action de Maradona, une configuration de jeu que l’on pourrait croire bien compliquée trouve une solution évidente.

Les buts issus d’un long numéro collectif, dits « de passe à dix », qui mettent progressivement l’équipe adverse à la torture puis à la faute ne sont pas beaucoup plus nombreux, mais n’ont pas la même lisibilité auprès des aficionados. Et c’est bien, à notre sens, un des problèmes auxquels on se heurte, quand on cherche à comprendre les modalités d’expression de la virtuosité footballistique. La virtuosité collective est beaucoup plus compliquée à déceler, à juger et à célébrer que les prouesses d’un joueur. La raison en est simple : au football, il est quasiment impossible de dire quand une action qui se révèle être décisive commence véritablement. On préfère donc célébrer le buteur, plutôt que de faire l’effort d’attribuer de manière plus juste un peu de virtuosité par-ci par-là.

La signature technique de Garrincha, comme l’expliquent bien José Sergio Lopes et Sylvain Maresca, tient beaucoup de son parcours dans le football amateur. Plus adepte du play que du game, il joue au football pour le jeu et, tant sur le terrain que dans la gestion de sa carrière, il donne l’impression d’une absence de stratégie. Véritable symbole du foot ouvrier et du bas peuple, affublé d’un surnom qui renvoie à un petit oiseau vif qui ne se laisse pas attraper facilement, Manoel Francisco dos Santos incarne à la fois la naïveté et la créativité. Ses dribbles surprennent et déconcertent autant ses adversaires que ses coéquipiers et ses entraîneurs. Il réinvente complètement le poste d’ailier droit. Alors que celui-ci est censé sprinter le long de la touche et recevoir le ballon des milieux de terrain pour ensuite centrer à l’intention de l’avant-centre, Garrincha remonte le « cuir » lui-même. Pour ce faire, il dribble ses adversaires en changeant de rythme constamment, alternant la lenteur d’exécution (son immobilité en a déconcerté plus d’un) et les accélérations fulgurantes. Même s’il est rapidement reconnu comme une arme redoutable, les entraîneurs n’en éprouvent pas moins quelques difficultés à lui faire pleinement confiance. En témoignent les hésitations du sélectionneur brésilien qui attendra le troisième match du Brésil, lors de la Coupe du monde de 1958 en Suède, avant d’inscrire finalement Garrincha sur la feuille de match, sous la pression de certains joueurs cadres de l’équipe. Nous savons aujourd’hui qu’il sera, avec son compère Pelé qui finira par lui ravir la vedette, le principal artisan du triomphe brésilien dans cette compétition.

Son football imprévu aux effets comiques, son sens pratique du jeu contredisaient la rigueur et le self-control que l’on attend des joueurs. Ensuite, il représentait également sur le plan physique une provocation faite aux règles ordinaires du football, puisqu’il était plus ou moins infirme. Ses jambes torves, courbées parallèlement et dont la longueur respective différait de six cm, ainsi qu’un genou défaillant, ne constituaient pas vraiment un argument pour rassurer les responsables des équipes pour lesquelles il a joué. Nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que ce handicap n’a pas été sans influence sur son style, souvent caractérisé d’inspiré et intuitif.

Force est de constater que Garrincha, notamment sur l’ensemble de la Coupe du monde de 1962 remportée de nouveau par le Brésil, plus particulièrement lors du quart de finale et de la demi-finale respectivement contre l’Angleterre et le Chili, savait se mettre au service du football professionnel. Il finit toujours par surprendre avec efficacité ses adversaires directs mais aussi l’ensemble de l’équipe qui est comme aspirée et médusée par ses changements de rythme et l’imprévisibilité de ses courses, s’éloignant parfois de la ligne de but adverse au lieu d’aller dans sa direction. Allant à rebours du sens du jeu, Garrincha contredit la leçon si triviale de l’exploit « maradonesque » : non, le football ne signifie pas forcément conduire le plus vite possible le ballon à un endroit d’où l’on peut tirer pour tenter de marquer un but. Les progressions chaotiques d’un Garrincha n’ont pas seulement pour vertu d’effacer un ou plusieurs adversaires, sa spécialité n’est d’ailleurs pas d’en effacer beaucoup dans de longues chevauchées rectilignes à la manière d’un Maradona, mais de déstabiliser le bloc équipe et d’ouvrir autant d’espaces pour ses coéquipiers. Plus que n’importe quel autre grand dribbleur, Garrincha pousse l’art de la conduite de balle dans un sens opposé à celui d’une action technique entièrement et absolument tournée vers son objectif.

Garrincha est un grand déstabilisateur, mais aussi un créateur de configurations nouvelles de jeu, par un simple dribble. Il semble épouser le cours des choses, tirant parti de ses qualités motrices tout en laissant transparaître dans son style son passé de jeune ouvrier amérindien. Il se coule dans la situation tactique à laquelle il est confronté sur le terrain de football, et sait que la création d’opportunités passe par des trajectoires erratiques et des ruptures de rythme. Ensuite, il confère au dribble son sens le plus large, la conduite de balle par contacts successifs avec les pieds, épousant au plus près le sens anglais original du terme : s’écouler goutte à goutte. Mêlant moments forts et moments faibles de contrôle du ballon dans le cours d’une même action individuelle, il procure au dribble de nouveaux avatars, des séquences d’action qui n’y sont habituellement pas assimilées car elles sont difficiles à faire correspondre de manière simple avec la prise d’un avantage sur l’équipe adverse. Il n’en demeure pas moins que ces trajectoires tarabiscotées, ces moments de latence balle au pied, ces changements brusques de cadence de déplacement représentent un événement isolé dans le football moderne.

On gagnerait à rapprocher la circulation du ballon au football des nombreuses études sur les modes d’organisation chez les animaux sociaux, les insectes en particulier, sur le trafic en général, routier en particulier. Les situations d’embouteillages tout comme les phénomènes complexes de coordination émergent bien souvent à partir de la multiplication plus ou moins aléatoire de comportements et d’interactions très simples. Garrincha, c’est la percolation faite homme.

Les concepteurs de robots footballeurs étudiés par Joffrey Becker expérimentent, notamment à l’occasion d’une compétition internationale annuelle de football robotique, des modèles variés de coordination de l’action. La Robocup soccer se décline en effet en plusieurs catégories allant des équipes d’humanoïdes coordonnés en mode multi-agents, largement distribués donc, à des équipes de simples cylindres sur roulettes coordonnés selon des systèmes mixtes, plus ou moins centralisés ou distribués. Malgré un spectacle techniquement beaucoup moins alléchant que les parties traditionnelles entre humains, le football joué par des robots suscite chez les spectateurs des attributions de virtuosité riches et variées. Le dribble de Garrincha propose une solution tranchée en la matière. Son dribble n’apparaît pas comme le résultat d’une vision globale du jeu, il est le produit d’une adaptation à une situation locale donnée dont le joueur essaye de tirer parti en s’engouffrant dans la moindre brèche avec l’espoir d’agrandir cette dernière. Il pousse de manière plus évidente que n’importe quel autre footballeur cette faible « distance réflexive » à l’action dont parlent Jean-Marie Garbarino, Max Esposito et Emmanuel Billi dans leur étude des verbalisations tactiques entre joueurs de football. En s’appuyant sur le potentiel de chaque microsituation, il espère, par un effet boule de neige, s’offrir des opportunités. Mais Garrincha fait en plus autre chose, et c’est à ce titre qu’il est exceptionnel : il fixe le jeu, alors que celui-ci est toujours en mouvement, pour mieux le faire évoluer, il agit comme une sorte d’aimant créant l’illusion par sa fausse immobilité.

Les journalistes disent souvent d’une équipe qu’elle fonctionne plus ou moins bien, sans arriver à en expliquer les causes (surtout lorsqu’elle fonctionne mal, alors qu’elle contient d’excellents joueurs !), sinon en invoquant la forme de tel ou tel joueur et le rôle stratégique de l’entraîneur. Les dribbles de Garrincha sont intéressants puisqu’ils laissent le temps de voir et de penser que tous les joueurs sur le terrain agissent simultanément sur la circulation de la balle mais que celle-ci n’est ni attribuable uniquement à la technique d’un individu (la sienne en l’occurrence), ni simplement le résultat de la somme des actions individuelles, et encore moins le produit d’un plan tactique défini à l’avance. Le ballon se conquiert et se déplace en se chargeant d’effets et en se déchargeant au gré des relations entre les joueurs présents sur le terrain.

Pierre Clanché, se fondant sur une analyse statistique affirme qu’il serait bien hasardeux de considérer que l’objectif poursuivi par les équipes est de marquer forcément un but de plus que leur adversaire. Il note que, durant la plus grande partie du temps de jeu, le score offre un écart qui ne dépasse pas un seul but (0-0 à 1-0 ou de 1-1 à 2-1 ou de 3-2 à 3-3), une situation qui ne requiert donc potentiellement qu’un seul but pour que l’évolution du score modifie le résultat (il existe trois types de résultat : égalité, victoire et défaite) ce qui ne serait pas le cas avec deux unités de différence. Son travail d’analyse mené sur plusieurs championnats nationaux européens laisse apparaître des résultats homogènes, un état de fait qui l’amène à vérifier favorablement l’hypothèse selon laquelle la difficulté de marquer et de faire évoluer le score est liée aux caractéristiques intrinsèques du football que sont : la possibilité de ne marquer qu’un point à chaque but, un ratio entre la taille de la cible (les buts) et la surface du terrain le plus faible des sports collectifs ainsi qu’un très haut degré d’enchevêtrement des deux équipes. Le travail de Clanché suggère que le résultat du spectacle de football se caractérise par une grande incertitude, ce que vérifient d’ailleurs souvent les amateurs de football, surtout à l’occasion des coupes nationales qui mettent en opposition, plus que les autres compétitions, des équipes au niveau sportif très inégal et qui réservent leur lot de surprises plus fréquentes qu’il n’y paraît au premier abord. Bref tout est possible au football, du moins plus que dans n’importe quel autre sport où les rapports de force s’actualisent avec moins d’ambiguïté et où l’intelligibilité du résultat fait de ce fait moins l’objet de débats.

Bien souvent il s’agit de ne pas prendre de but tout en espérant en marquer un malgré l’option défensive assumée. Tous les gestes accomplis sur un terrain ne visent pas, de près ou de loin, à marquer un but ou à en préparer l’avènement selon une modalité planifiée. Le ballon doit circuler avant tout et de sa circulation même, rapide, courte, longue ou alternée et aussi désordonnée soit-elle, doivent jaillir des opportunités.

Cet apprivoisement du ballon se donne à voir le mieux à l’occasion des coups francs qui demandent et surtout permettent une technique de frappe particulièrement fine et recherchée afin de tromper la vigilance du gardien. Coups brossés, liftés, fouettés, chopés du coup de pied, de l’extérieur, de l’intérieur, ou encore du plat, tous les effets sont bons afin que le frappeur puisse tromper la perception du portier adverse. Ces effets sont parfaitement connus et expliqués d’un point de vue physique. On pense spécialement à l’effet Magnus explicable à partir de l’équation de Bernoulli : se déplaçant dans l’air en rotation, la balle modifie, par frottement, la vitesse du courant d’air autour d’elle. L’effet sera dissymétrique : d’un côté, le ballon entraîne une accélération de l’air et une diminution de la pression, de l’autre côté, il freine l’écoulement de l’air et la pression augmente. On aura donc une différence de pression et le projectile se déplace du côté où la pression est plus faible. Selon la vitesse de rotation de la balle, la position des points où la vitesse est respectivement minimale et maximale (et donc le sens de la force appliquée) varie. Il existe également des cas où l’effet est momentanément mis en veille par une frappe puissante et finit par se déclencher dès que le ballon perd un peu de sa vitesse. Ainsi l’écoulement turbulent de l’air autour de la sphère, provoqué par la vitesse et les aspérités de cette dernière, se transforme en écoulement laminaire propre à libérer l’effet qui va déformer soudainement la trajectoire du ballon. Le meilleur exemple de ces balles flottantes aux trajectoires les plus hésitantes et surprenantes est un coup franc de Roberto Carlos réalisé en 1997 lors du match France-Brésil à l’occasion du tournoi de France. Il est frappé légèrement sur la droite du but, à trente-cinq mètres de celui-ci, du pied gauche, sur le flanc gauche du « cuir » et vers la droite du but. La balle passe à droite du mur des défenseurs français, avec un début de trajectoire assez droite avant de se courber assez fortement en fin de course, horizontalement vers la gauche (donc vers le but) pour finir par heurter le montant intérieur du poteau et rentrer dans le but. On l’appellera désormais, après sa trajectoire, le « coup franc banane ».

Stéphane Rennesson

Farlène Goddoll commente France-Nigéria

Farlène Goddoll
commente
France-Nigéria

Salut frères et sœurs ! Aujourd’hui n’est pas une journée ordinaire, alors on enfile son recueil de psaumes, on ressort les cierges et on ajuste ses porte-jarretelles. On est en huitième nom d’une pipe en bois !

On trouvera le polak Koscielny derrière, le french savoyard Giroud en pointe et No Brain à gauche. Côté Nigérians, on change pas une équipe qui perd et touche ses primes.

Obi Mikel ne fera pas du Maradonna, il s’interdit devant Dieu de jouer de la main et sous cocaïne, il est pas allé voir Paulo ?

Les joueurs rentrent sur le terrain. On est peut-être à quelques heures d’un France-Deutschland über alles en quart de finale de Coupe du monde. Cette fois-ci on sort nos chars Leclerc en cas de défaite, next we’ll take Berlin et on scalpe la mémé pour venger les grecs

1′

Premier ballon, j’ajuste mon sous-tif, il paraît que ça déconcentre mon voisin Luis Fernandez. Tiens Rolland Courbis se fait une ligne de farine, il me dit que c’est l’habitude. A côté de la sortie du stade tenue par du scotch, j’ai croisé Charles Biétry et Scolari avec une équipe de travelos auriverdes qu’avaient pas vraiment payé leurs tickets, y’avait Hulk avec eux, question dimension qu’il m’a dit Riolo. Laquelle j’ai dit, là il a remué du popotin, j’ai toujours pas compris, il est vraiment étrange ce gars.

3′

Ambrose, Ambrose Chapell, ça me rappelle l’homme qui en savait trop.

6′

Super centre d’Ambrose, dit Patator, Odemwingie imite assez bien Balotelli et loupe son contrôle. Riolo roule une pelle à Hulk, je me demande ce que fait Nicolas Vilas avec sa Corona

9′

Nobrain perd la balle. Dédé devrait activer la fonction néo-cortex, ça peut servir. Et si Carine Galli disait un truc intéressant, pure hypothèse mais bon

13′

Onazi, putain le blaze, sort en civière, il s’est défoncé tout seul, un peu comme Luis quand il parle. Il regarde bizarrement mes cierges l’espingouin

18′

Debuchy c’est le ch’ti de l’équipe. Des générations d’alcooliques et de mineurs, ça défonce, question héritage mais Dédé l’aime bien, les nigérians aussi. But refusé pour hors-jeu, Rolland sort sa tête des nibards farineux d’une shemale, « z’ont marqué ? ». C’est vraiment la fine équipe, les journaleux

20′

Nobrain est à 10 mètres du dernier défenseur nigérian, faudrait vraiment sauver le soldat K-rim. Di Meco s’échauffe

22′

Première percée de Pogba, j’ai prié avec lui, hier, il a senti la présence de Jésus qu’il m’a dit. Riolo aimerait bien sentir la présence de Hulk, Luis se marre, Franky Ribéry aussi, il est sur Skype avec Franck Gautreau à propos de chocolat si j’ai bien compris

30′

Giroud plante un coup de coude. Il me fait étrangement penser à Thierry Lhermitte dans les bronzés. Je le vois bien compter les wags à la tonne, un peu comme Julien Cazarre depuis qu’il énumère ses poils de barbe pour s’endormir

32′

Lloris s’envole, les commentateurs répètent façon mantra que le captain say what ou un truc dans le genre, c’est sûr c’est pas welcome to pleasure dome

38′

Evra a un brusque besoin de communion dans la surface, il touche tout le monde, il en appelle à Ogum. Le gars de So Foot écrit « Pas bon ça ». Il comprend rien aux orishas. Luis me demande si je peux lui prêter un cierge, le plus gros qu’il me dit en ricanant

40′

Matuidi remonte, Valbuena sert Debuchy. Un type normal aurait mis dedans, or par définition un ch’ti n’est pas un type normal. Jean-Baptiste Boursier dit Ken vient biser le derrière de Di Meco, paraît que ça porte bonheur. Elle est bizarre leur ambiance

46′

Prière évangélique autour du pasteur Enyeama, Lloris pose son I-phone, ça fait 10 jours qu’il n’a pas de nouvelles de sa femme, et si elle me trompait Dédé ?

53′

Varane est vraiment accroc, il est en manque dans les filets de Lloris, d’ailleurs, il sue. Riolo a un cierge dans le cul mais ça fait marrer Luis, « tu peux frétiller et j’allume, OK ? ». Apocalypse Now.

54′

Carton jaune pour Blaise Matuidi, comme pris d’enthousiasme. Il vient de cisailler la jambe de son adversaire, il s’excuse. Pareil pour Luis avec Riolo, « T’as mal ? »

56′

Onazi refait un petit tour. Parmi tous ces footeux nigérians quel est le seul fan de Boko Haram ?

58′

L’évangéliste Reuben Gabriel remplace Onazi. Les 12 tribus sont reconstituées

61′

Antoine Griezmann, né dans la vigne remplace Thierry Lhermitte. Sans aucune raison apparente, Christian Jeanpierre lâche des vents en direction de Luis qui joue toujours avec le cierge géant, il m’inquiète

65′

Les bleus finissent de digérer. Estelle Denis a bien voulu prêter un tube de vaseline à Riolo, Luis a sorti sa cape

70′

Nobrain et le vigneron ont percé la défense nigériane mais Moses sauve sur sa ligne. Luis me dit que ça lui rappelle Amoros avec Ettori dans les cages. Tu crois qu’il parle d’opéra, se demande Larqué qui cause à un certain Roland mais pas Courbis qui a la tête dans des îles flottantes

77′

Cabaye met sur la transversale, les orishas marchent toujours, Riolo a tout allumé, putain le cierge était un fumigène, on dirait que Riolo fonctionne façon cheminée

79′

Envol stérile d’Enyeama, Pogba place une tête, les orishas ont lâché, Riolo aussi, il voudrait bien essayer les feux d’artifice. Ribéry s’étonne du prix du chocolat au Brésil. Rolland lui annonce qu’il serait surpris par les minotiers. Luis est aux anges, « on est pas bien là… »

85′

On signalera quand même que Reuben Gabriel est en train de se faire un petit huitième de finale de Coupe du monde. Le mec joue à Waasland-Beveren. En Jupiler League. C’est pas une blague. Luis me dit que si c’était à refaire, il serait pornostar, je lui réplique qu’il doit me confondre avec une amie chilienne. Il me demande si je peux pas lui prêter trois autres fumigènes

91’

But du vigneron, la France des terroirs est remerciée,  même si Yobo a poussé la balle dans ses cages, une spécialité du Golfe de Guinée

Luis me dit que c’est plier eu qu’il attend plus qu’une interview avec J-J Bourrin, je me demande pourquoi Ken traîne à quatre pattes avec Estelle sur son dos

Le foot tel qu’en lui-même l’ennui le guette

Le foot tel qu’en lui-même
l’ennui le guette

Il y a trois positions possibles face un sport comme le football. On refuse un rite d’unité du genre humain comme une ignoble convention beaufisante (position Charlie-Hebdo), en oubliant que les grecs célébraient les Olympiades comme un rituel commun dont le retour était bien la seule trace du passage du temps dans le monde des hellènes. Les plus conséquents iront jusqu’au cynisme de Diogène cherchant un homme en se branlant juchés sur une barrique, les autres chercheront un substitut : la culture. Bien sûr ces gens confondent les théâtres et les tabernacles sombres des cinémas avec une salle de classe assagie et pitoyable en recherche de catharsis. S’ils avaient lu Nietzsche, celui qui revenait du cauchemar de fer et de sang de la guerre de 1870-1871, ils auraient compris que théâtre, danse et cinéma n’ont qu’une fonction dionysiaque, détruire l’ordonnance du monde et du moi, plonger dans la transe du chant et de la danse une parole circonscrite à la rhétorique, aux petits rapports de bureaucrates, aux mots roses bonbons des amoureux blue-flower, à la morale grégaire des grands appareils avec pompes et drapés, cela ne veut pas dire chier et pisser sur scène, libérer je ne sais quoi, cela induit de ruiner les syntaxes et d’en présenter de nouvelles. Toutes choses qui vont au-delà des goûts de chiottes de la plupart de nos professeurs dits de lettres.

Ceux qui prennent acte de ce rite ont une alternative. L’indifférence ou la participation, distante, enjouée, volubile, ces qualificatifs importent peu, ils appartiennent à une même variation. Si l’on vient à la participation, on ne peut considérer le football comme un simple spectacle, on vient très vite à la dramaturgie complexe des couleurs de maillots et des positions tactiques. Le football est l’espace des démiurges et des idiots inspirés (Zidane et Ribéry ou Platini et Bernard Lacombe, je vous laisse la suite), il indique que ces hommes échappent au destin commun, il indique que l’homme aspire à une forme incertaine d’idolâtrie, car tout footballeur dès qu’il franchit les vestiaires est autre chose qu’un homme et autre chose qu’un prêtre, un possédé.

Les prestations passées de l’équipe de France démontrent qu’un assemblage de talents tarifés aux quatre coins de l’Europe ne fait pas une équipe nationale, elles marquent les limites du libéralisme (seul l’intérêt guide les hommes) car l’inexplicable ce ne sont pas les performances pitoyables de 2010 mais les succès d’avant-hier car Zidane fut un condottiere menant les équipiers à la baguette du panache quand il le décidait. Lorsque le condottiere avait enterré le fanal, ce fut la coupe du monde de Corée du Sud-Japon, une même absence de jeu, une même insignifiance.

Le football comme toutes autres activités (sciences, œuvres, innovations, purgation du mal-être corporel et mental) demande une organisation, donc une transmission et des dispositifs, il ne dépend pas d’une génération spontanée. Les racialistes et les libéraux pensent que si, qu’il n’y a pas nécessité de penser parce que la nature s’en charge.

Si l’on en croit la thèse de Paul Yonnet, les bleus tiendraient une part de notre identité, le foot serait une forme de liturgie sacrée et le sport l’équivalent moderne des compétitions de théâtre sous l’égide d’un Dionysos aux allures de ballon rond.

Sur le premier point, Paul Yonnet, visiblement pressé, emprunte aux techniques des profs de fac, la recherche en étymologie, avec trois dictionnaires sous la main et l’évolution de la sémantique, on croirait le Brichot de Proust délirant les noms des villages normands. Puis, conscient du tour de passe-passe rhétorique, il cite dans le sprint final, disons la péroraison, Braudel pour qui l’identité de la France serait « une prise en main de la France par elle-même », le « résultat vivant de ce que l’interminable passé a déposé patiemment par couches successives », « un résidu, un amalgame, des additions, des mélanges », « un processus, un combat contre soi-même, destiné à se perpétuer ». Il y ajoute les signes de reconnaissance « mots de passe connus des initiés », « mille tests, croyances, discours, alibi, vaste inconscient sans rivages, obscures confluences, idéologies, mythes, fantasmes ».

Déplacé entre Jung et la stratigraphie, on conçoit que la définition même rapide de l’essayiste soit assez brumeuse et n’ait pour motif que son opposition aux notions républicaines de contrat et de pacte surgies de l’esprit de 1789. Sans doute la France vient de loin, ne cesse de se mélanger, de se transformer, c’est le plan du contenu mais il ne dit rien de la France et de ce qu’elle est.

Sur le plan de l’expression, de ce qui s’énonce clairement comme France, Marc Bloch ajoutait des images, le sacre de Reims et les soldats de l’an II, la plupart des historiens le rôle fondamental de l’Etat, Alain Boureau voit dans l’idée de nation l’héritage post-historique de la scolastique et du concept de communauté limitée, on pourrait ajouter à l’instar de Pierre Hadot des métaphores, on verrait que la France est une série d’évènements incorporels dont les effets ne sont pas clos.

Dans cet agencement qui nous tient ensemble comme français, qu’on l’appelle identité ou autrement n’importe guère, le football tient la place des bouffons du Roi, des derniers nés, des pauvres rituels démocratiques de l’opinion.

Toujours pressé, Paul Yonnet sort la règle des trois unités (de temps, de lieu, d’action) énoncée par Scaliger, comme si le football empruntait sa dramaturgie à la tragédie. Mais le fait est que cette règle, si elle a pu irriguer l’opéra, n’a rien à voir avec le football qui ne réfère même pas au drame, juste un spectacle répétitif sur lequel s’organise un espace du jugement et des conversations, on en revient donc à l’opinion.

Lorsque Paul Yonnet définit le football comme une liturgie de l’identité et de l’incertitude (sur le score final), il oublie que l’identité est le préalable et que les affects envers le foot ont un support matériel et vivant, les millions de licenciés que compte en France, la fédération. J’ai joué au foot, je m’y intéresse, un autre n’y a jamais joué et s’en branle, le partage est là, il n’est pas franchement ontologique. S’ajoutent les affidés du consumérisme attifés en Wags. Que Marlen Doll et Luis Suarez soient les deux grandes figures de ce Mundial (on peut y ajouter le postérieur de Hulk) n’est pas un hasard. Quand le football ennuie (la plupart du temps), il faut bien trouver des collecteurs d’opinions. Sur le plan géopolitique, l’indifférence polie de l’Inde, de la Chine ou des Etats-Unis implique que le football soit une histoire strictement atlantique, donc un héritage de la colonisation, bizarre que les férus de l’afrocentrisme ne l’aient pas baptisé d’invention diabolique des blancs pour voir courir des noirs sur un quadrilatère de gazon.

Ensuite le foot comme tout phénomène d’opinion gagne par contagion et la dernière des mémères finit par y mettre de la passion, au même titre qu’on était prêt à se battre pour ou contre Dreyfus. Aujourd’hui Zemmour peut avancer que l’affaire Dreyfus était une invention des services anglais sans émouvoir, demain on regardera le naufrage de l’équipe de France en 2010 comme on a oublié l’élimination de la France par la Bulgarie, un épiphénomène.

Si la résurgence de l’actuelle sélection touche le public, c’est qu’elle pointe un ensemble de problèmes et de questions qui sont bien plus larges qu’une compétition sportive, celui du déclin du pays, de sa figuration en homme même plus malade mais totalement grotesque de l’Occident, de la division de la société entre une élite repue et la « gente », des effets d’un système où un Didier Deschamps peut palper cent mille euros nets par mois (250 mille à l’OM) et une prime afférente qui était de plus de 800 mille euros pour le Domenech sud-africain, où Thierry Henry affichait un salaire trois fois supérieur à celui d’un grand patron français avec sa statue en prime au sein de l’Emirates Stadium, où le mépris des oligarques est la règle et non plus l’exception, où le coup d’éclat, l’écorchure de la beauté sont bannis au profit des petites tricheries, des combinaisons minables, des changements de règles de dernière minute au nom de l’efficience ou de la rentabilité.

Le chaudron de la colère est là, pas dans une morsure de trop ou une mutinerie de millionnaires sortis des zones grises de l’hexagone.